C’est la maison du diable, là ou quoi ?

Marchands de sommeil : lit dans taudis, 10 euros/jour

Une dénomination qui cache une terrible réalité Marchands de sommeil… si l’expression est imagée, la réalité qu’elle décrit est pour le moins inquiétante. Les marchands de sommeil sont en fait des propriétaires sans scrupule qui n’hésitent pas à louer au prix fort (plus de 600 euros par mois pour 12 m2 !) leur bien insalubre (petit, humide, sale, sans lumière ou sans eau, mal isolé…). Les locataires ? Des familles ou des personnes seules déjà fragilisées, sans papier ou sans contrat de travail, qui n’ont d’autre alternative que d’accepter ces conditions.

Un début de prise de conscience
L’actualité révèle régulièrement l’existence de marchands de sommeil et de familles dont la santé, voire la vie, sont détruites par ces situations indignes. Cette pratique est interdite par la loi, mais les pouvoirs publics semblent avoir quelques peines à l’éradiquer. Pour preuve, ce bilan d’étape publié en septembre 2008 par le pôle national de lutte contre l’habitat indigne1. Si certains départements comme Paris, la Seine Saint Denis, les Bouches du Rhône ou le Nord exécutent les arrêtés de police portant sur l’insalubrité ou l’insécurité des locaux habités, d’autres peinent encore à faire appliquer la loi.

Mais pas de relogement des victimes
Les arrêtés d’insalubrité ou de péril pour un logement devraient aboutir à un relogement temporaire ou définitif. Pourtant, malgré des progrès législatifs notables ces dernières années, beaucoup de ménages sont maintenus dans ce type d’habitat faute d’une intervention publique plus forte et exigeante vis-à-vis des propriétaires. La lutte contre les marchands de sommeil fait partie des mesures pour éradiquer l’insalubrité.

Chiffres clés

1/ 860 000 personnes vivent dans des logements précaires (source : FAP RML 2011)

2 / 600 000 personnes âgées vivent en dessous du seuil de pauvreté en France (source : FAP RLM 2009)

3/ En décembre 2010, leur propriétaire leur a réclamé 9500 euros d’arriéré de loyer et leur a coupé l’électricité.