« Ma petite princesse est dans un foyer »

« L’engrenage du mal-logement »

Pour 15 millions de Français, les fins de mois se jouent de 50 à 150 euros près. Un budget extrêmement tendu où tout accident de la vie peut entraîner des conséquences graves allant jusqu’à la rue. En cas de difficultés, les familles arbitrent toujours au profit du quotidien, loyer et dépenses contraintes (énergie) passant après l’alimentaire. Ainsi, plus de 500 000 locataires sont en situation d’impayés, et 1,3 million en difficultés de paiement.

De l’accident de vie à la rue
Le dernier rapport de la Fondation Abbé Pierre estime à près de 10 millions le nombre de personnes touchées par la crise du logement. Perte d’emploi, ruptures, veuvage, problèmes de santé, diminution des ressources précipitent le basculement dans le mal-logement. Lorsqu’elles ne sont plus en mesure de payer un loyer, ou victimes d’une expulsion, les familles entament un parcours qui peut conduire à la rue (133 000 personnes sont sans abri). Certains choisissent d’être hébergés par des tiers (ils sont 411 000), d’autres échouent à l’hôtel (38 000) ou vivent en résidence sociale (18 000). 85 000 personnes se sont rabattus sur un habitat de fortune (cabanes, tentes, caravanes, mobil-homes), d’autres vivent dans leur voiture.

Désocialisation et passivité
Malgré l’existence de lois censées les protéger, ces ménages s’efforcent d’abord de conserver un toit, au risque de s’exposer aux marchands de sommeil, ou vivent dans des locaux insalubres ou impropres au logement (garages, box, caves…). Cette spirale s’aggrave avec la désocialisation et la conscience que les solutions, si elles existent, sont à long terme. Inventer un loyer social Le mal doit être traité à la source. La Fondation Abbé Pierre a toujours milité pour les solutions de prévention, notamment le maintien dans le logement. Il est également nécessaire d’intervenir sur le coût des loyers. Représentant 25 % du budget des foyers (contre 13% en 1980), il peut atteindre 45 % pour les plus modestes. Pour la Fondation, une solution acceptable consisterait à adapter le montant des loyers aux ressources des

Chiffres clés

1/ 38 000 personnes vivent dans des chambres d’hôtel (FAP, RML 2011)

2/ 107 000 décisions d’expulsion dont 25 600 avec recours à la force publique ont été recensées en 2009. (mars 2010 ? à vérifier FAP)